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Mission Patrimoine en Savoie

Les Chapelles

Mission Patrimoine en Savoie

  • Photos : © Fondation du patrimoine – Bruno Berthier

C’est la quatrième édition de la Mission Patrimoine pour la sauvegarde du patrimoine en péril, confiée par le Président de la République à Stéphane Bern, et soutenue par la Fondation du patrimoine. La Ferme de Villarivon, située dans le village les Chapelles, dans la vallée de la

Tarentaise, a été sélectionnée pour la région Auvergne-Rhône-Alpes, parmi les 18 sites emblématiques des régions de métropole et d’outre-mer qui sont dévoilés aujourd’hui.

La ferme de Villarivon est un bâtiment traditionnel transformé à la fin du XVIIIème siècle par la famille Jarre, dans le contexte de l’évolution économique agropastorale bovine liée à la production de fromages traditionnels savoyards. Abandonnée pendant plus de 20 ans, elle a souffert de fortes dégradations et la chapelle attenante est en ruine depuis l’effondrement de sa charpente. La passion et la motivation des propriétaires actuels pour la préservation de ce patrimoine et sa transmission lui ont permis d’être sélectionnée par la Mission Bern afin de les accompagner dans ce vaste projet de sauvegarde du patrimoine local. La ferme bénéficiera ainsi du soutien financier de l’édition 2021 du Loto du Patrimoine de FDJ. Elle pourra bénéficier également d’une collecte de dons, de mécénats et de subventions du ministère de la Culture.

Dès le XVIIème siècle, la production de gruyère a révolutionné l’économie agropastorale en Tarentaise jusqu’à sa reconnaissance actuelle en Beaufort AOP. Quelques lignées “d’entrepreneurs de montagnes” se développent et commencent à accumuler une grande fortune. La famille Jarre, à l’apogée de sa réussite lors des dernières décennies du XIXème siècle, finit ainsi par exploiter plus d’une vingtaine d’alpages. Dans ce contexte cette famille de notables traduit dès le XVIIIème siècle sa réussite sociale dans la pierre, en transformant sa ferme de Villarivon pour lui donner l’aspect urbain d’une maison bourgeoise échouée au cœur d’un hameau de l’Adret de la haute vallée, à 1.150 m d’altitude. Dans son état actuel résultant d’ultimes travaux réalisés en 1880, la ferme se dissimule derrière le paravent d’une façade monumentale rythmée par deux rangées de fausses fenêtres et ornée d’un décor italianisant peint à la mode en vogue à Turin vers 1850.

Le site a été abandonné pendant plus de 20 ans et a souffert de fortes dégradations, principalement dues aux infiltrations liées à la fonte des neiges et à des actes de malveillance (portes et fenêtres brisées et éléments d’aménagement dérobés). En 1996-97, une partie de la charpente de la ferme a été reprise et une étanchéité provisoire fut assurée sur les 800 m² de toiture. Les enduits et décors de façade sont également très détériorés. La chapelle attenante est en ruine depuis l’effondrement d’une partie de sa charpente en 1993. Les infiltrations d’eau causent d’importants dégâts à l’intérieur.

Le programme de travaux permettra, pour le corps de ferme, la réfection de la couverture en lauzes et l’étanchéité, la réfection de la façade principale et du mur pignon oriental, la sauvegarde des décors peints encore visibles, la reprise des tableaux de fenêtres et enduits, la restitution peinte des faux chainages d’angle et moulurages d’encadrements de fenêtre et consolidation des points d’ancrage de la galerie à balustrade de fer forgé. Sur la chapelle Saint-André, la réfection complète de la toiture permettra la restitution de la charpente et de l’avant-toit de façade aujourd’hui disparus et la reprise des enduits extérieurs. Un aménagement de sauvegarde des abords de l’édifice permettra de limiter les infiltrations d’eau de pluie et de fonte des neiges : excavation de la partie amont de l’édifice, le recul du talus et sa fixation par le moyen de terrasses sur murs de pierres sèches. Le coût est travaux est estimé à 550.000€.

Cette restauration dans les règles de l’art sera l’occasion de réaliser des actions de sensibilisation des acteurs locaux du bâtiment à la redécouverte du patrimoine vernaculaire et des savoir-faire ancestraux. Diverses actions à destination du grand public sont aussi prévues, telles que la cuisson de plâtre paysan, la griya, réalisée à partir du gypse extrait localement, utilisée ensuite dans la réfection de certains enduits. Très impliqués depuis longtemps dans l’organisation du Festival baroque de Tarentaise (29ème édition en 2019 d’un festival estival de musique ancienne), les propriétaires envisagent l’accueil d’un concert annuel dans les vastes volumes de la ferme autrefois dévolus à l’activité agricole.

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