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La Réserve naturelle nationale du Plan de Tuéda fête ses 30 ans

Parc National de la Vanoise

La Réserve naturelle nationale du Plan de Tuéda fête ses 30 ans

 

Le pin cembro – © Parc National de la Vanoise – Imberdis Ludovic

Née en 1990, pour protéger en particulier la remarquable forêt de pin cembro et la linnée boréale, la création de la Réserve naturelle nationale du Plan du Tuéda répondait aussi à une mesure compensatoire de l’extension du tout proche domaine skiable des Allues (3 Vallées).

De 1.700 et 3.000 m d’altitude, ce territoire classé, dominé par l’aiguille du Borgne et contigu sur 9 km avec le cœur du Parc national de la Vanoise, est un concentré de biodiversité de montagne. On y trouve la linnée boréale, espèce rare, relique des dernières glaciations, dont on recense seulement 5 stations en France (toutes localisées en Tarentaise). Et Tuéda recèle la plus importante station française. Dans ses forêts appréciées pour ses réserves et ses cachettes, même en hiver, on retrouve le tétras-lyre, espèce très sensible au dérangement, en particulier l’hiver, avec le passage des skieurs. Le ski est interdit dans la Réserve naturelle mais trois itinéraires restent autorisés pour rejoindre la station. La chasse est quant à elle autorisée, hormis la chasse au tétras-lyre.

 

La linnée boréale – © Parc National de la Vanoise – Storck Frantz

Si les milieux ont peu évolué depuis 30 ans, grâce au classement de ce territoire, l’accueil du public a en revanche été modernisé avec la création de la Maison de la Réserve, avec son exposition permanente sur la cembraie, et la rénovation du refuge du Saut.

Les connaissances naturalistes ont par ailleurs largement progressé grâce aux nombreux protocoles de suivi menés dans le cadre du plan de gestion de la Réserve. La montagne du Saut est même devenue un site de recherche de référence pour l’observation des effets du changement climatique. La gestion de la Réserve rassemble, aux côtés du Parc national de la Vanoise, la commune, propriétaire, la Société des 3 Vallées, gestionnaire du domaine skiable en limite de la Réserve, l’ONF qui gère la partie forestière, et le GAEC Perret, seul agriculteur dans la Réserve. Méribel tourisme, qui communique dans le monde entier, en fait également la promotion. Les représentants des différentes activités pratiquées dans la réserve, chasseurs, moniteurs de ski, pêcheurs,…, se rencontrent chaque année pour échanger sur les modalités de gestion les plus appropriées.

Aujourd’hui, ce territoire draine une fréquentation importante : environ 100.000 visiteurs à l’année. L’hiver, il offre également aux vacanciers une balade facile, sur un terrain plat et damé, dans un splendide cadre naturel, à proximité immédiate du domaine skiable.

Il y a 30 ans, les habitants n’étaient guère favorables à la Réserve comme nous le rappelle Brice Lalonde, alors ministre en charge de l’environnement, et signataire du décret de création : “Le projet de Réserve a été l’objet de nombreuses négociations, notamment avec les chasseurs et les skieurs“. Les mentalités ont évolué et les locaux apprécient maintenant cet espace de nature au cœur de la station, véritable lieu de ressourcement. Le souhait est donc que la Réserve garde précieusement la recette de son élixir de jeunesse, subtile combinaison entre protection de la biodiversité, fondée sur des protocoles scientifiques solides, et modernisation de l’accueil du public, pour répondre aux attentes des nouvelles générations.

 

Témoignage de Brice Lalonde, ministre en charge de l’environnement en 1990

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