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La chute du Mont-Granier

Mont Granier (1.933m)
Mont Granier (1.933m) © 123 Savoie

 

Dans la nuit du 24 Novembre 1248, le Mont Apremont s’effondra. On lui donnera le nom de l’un des villages disparus : le Mont “Granier”.

24 novembre 1248 : l’effondrement

Cinq paroisses furent détruites : Granier, Cognin, Vourey, Saint-Pérange et la capitale religieuse de l’époque, Saint-André, siège du Décanat de Savoie. Il y aurait eu 4.000 morts. C’est la catastrophe la plus importante dans les Alpes qui serait due à une secousse sismique, suivie par un glissement de terrain. Cet amas de blocs est nommé depuis “Abymes”.

On dispose de plusieurs récits s’étalant de 1250 à 1283, relatant la catastrophe, les auteurs sont les suivants :
• Etienne de Bourbon, moine dominicain.
• Matthieu Paris, moine franciscain.
• Martin le polonais, moine dominicain.
• Des frères Prêcheurs, moines dominicains.
• Gérard de Frachet, moine dominicain.


Mont Granier (1.933m) © 123 Savoie

Mont Granier (1.933m) © 123 Savoie

Le Mont Granier, vu depuis Chapareillan © 123 Savoie

Le Mont Granier, vu depuis Chapareillan © 123 Savoie

Pierre carrée à Chapareillan, l'une des pierres tombée lors de l'éboulement et qui fut transformée en cave © 123 Savoie

Pierre carrée à Chapareillan, l’une des pierres tombée lors de l’éboulement et qui fut transformée en cave © 123 Savoie

L’effondrement :

La chute du Mont Granier a été mise en évidence par J. Goguel et A. Pachoud.

A la suite de pluies importantes, le Mont Granier aurait emmagasiné de grandes quantités d’eau dans sa partie basse, composée de bancs calcaires de Valanginien. Celle-ci devenue trop lourde, se mit à glisser emportant avec elle une partie de la falaise rocheuse.

La force déployée par cette catastrophe fit évaporer une partie de l’eau contenue dans l’éboulement. Cette vaporisation sous le glissement à jouer le rôle de moteur à réaction et a emporté la coulée sur un coussin de vapeur, ce qui explique la largeur de la coulée et sa rapidité.

Caractéristiques :

L’éboulement recouvrit une superficie de 20 km², soit 8,5 km de long et 5,2 km de largeur. Ce qui représente 150 millions de mètres-cubes pour un poids évalué à 1 milliard de tonnes.

Depuis ce jour, la falaise du Mont Granier est la plus haute de France avec plus de 900 mètres d’a pic.

 

Merci à Daniel Bouvier-Belleville pour sa participation à l’élaboration de cette présentation.

 

 

« Mais l’effondrement s’arrêta au pied de la chapelle car les démons ne pouvaient plus pousser les gravats, la Vierge Marie la protégeait »

Le récit d’Etienne de Bourbon devint au fil du temps une légende, dont voici le récit.

Eglise Notre-Dame de Myans © Sergio Palumbo - 123 Savoie

Eglise Notre-Dame de Myans © Sergio Palumbo – 123 Savoie

Intérieur de l'église Notre-Dame de Myans © Sergio Palumbo - 123 Savoie

Intérieur de l’église Notre-Dame de Myans © Sergio Palumbo – 123 Savoie

Le secrétaire du Comte de Savoie, Jacques Bonivard, possédait beaucoup de terres sous le Mont Granier. Mais il lui manquait les terres possédées par les moines du prieuré de Saint-André. Celles-ci lui auraient permis d’unifier et d’uniformiser l’ensemble de ses terres.

Mais les moines ne voulaient pas céder leur domaine. Bonivard alla voir le Pape, Innocent IV afin qu’il déplace les moines récalcitrants. Etant en guerre avec l’Empereur Frédéric II, le Pape accepta la requête de Bonivard. Ainsi il pensait acquérir les faveurs d’Amédée de Savoie à sa cause.

De retour en Savoie, il contraint les moines à quitter leur domaine. Ceux-ci allèrent se réfugier dans la chapelle de Myans. Bonivard, sa famille et les nobles de Saint-André firent la fête pour célébrer cette victoire.

Mais durant la nuit, la montagne se fendit. Le prieuré et ses nouveaux propriétaires furent écrasés par l’effondrement.
Les moines épouvantés prièrent la Vierge Marie, en attendant la mort. Mais l’effondrement s’arrêta au pied de la chapelle car les démons ne pouvaient plus pousser les gravats, la Vierge Marie protégeait la chapelle.

 

Les gens alentour ont vu là une intervention miraculeuse de la Vierge et ont commencé à venir prier devant la statue de Marie qui se trouvait là.

Lire notre article : le sanctuaire de Notre Dame de Myans


Lithographie Notre-Dame de Myans "le feu à la Chartreuse", document : Musées d'art et d'histoire de Chambéry

Lithographie Notre-Dame de Myans “le feu à la Chartreuse”, document : Musées d’art et d’histoire de Chambéry

Chroniques de Nuremberg. Document relatif à la catastrophe de la chute du Mont Granier à Myans en 1248. Document : Musée d'art et d'histoire de Chambéry

Chroniques de Nuremberg. Document relatif à la catastrophe de la chute du Mont Granier à Myans en 1248. Document : Musée d’art et d’histoire de Chambéry

L'histoire ne s'arrête pas là...

Saint Anthelme vit le jour au château de Chignin, vers l’an 1106, fils d’Hardouin gentilhomme de Savoie, de l’ancienne maison de Migain et d’une dame d’une naissance également illustre…

Le texte le plus ancien où il est fait mention de Myans, est le Cartulaire de Saint Hugues, évêque de Grenoble, au XIIème siècle…

Le château de Chignin faisait parti d’un système de feu d’alerte en cas d’invasion barbare venant des hautes vallées. Ainsi Chambéry était prévenu…

Avec ses 250 mètres d’à-pic, le château médiéval de Miolans surplombe Saint-Pierre d’Albigny et mérite amplement son surnom de “Bastille des Alpes”…

2 commentaires

Stéphane 16 décembre 2020 - 2 h 22 min

@Canizar
En effet, cette paroisse est l’homonyme de la commune voisine de Cognin et ne doit pas être confondue avec celle-ci.

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CANIZAR 5 octobre 2015 - 9 h 45 min

Vous parlez de la destruction de Cognin par l’éboulement du Mont Granier, j’ai déjà lu cette mention dans un autre ouvrage; or le Cognin actuel est beaucoup trop éloigné du Granier pour avoir été détruit. Ne s’agirait il pas plutôt de Chignin? ou alors existait il une autre commune du nom de Cognin?

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